une nouvelle dimension

6 juillet 2016, comment Pikachu a ouvert la porte d’une nouvelle dimension ?

Revenir sur l’année 2016, sans mentionner le phénomène « Pokémon Go » est tout simplement impensable. Phénomène viral assez surréaliste, il marque surtout un tournant pour le futur de la réalité augmentée. 

Petits ou grands, en ville ou à la campagne, il était presque impossible en juillet dernier de ne pas croiser des hordes de gens penchés sur leur téléphone à la conquête de Bulbizare ou Salamèche (pour les fans de la première heure). C’est ainsi que cet été, le monde est devenu un plateau de jeu à ciel ouvert. A peine quelques jours après son lancement, Pokémon Go était l’application la plus téléchargée dans le monde. Après deux semaines, plus de 21 millions de dresseurs parcouraient la planète à la recherche de petits monstres à capturer. Un tel succès ne s’explique pas uniquement par la bouille sympathique de Pikachu, il tient aussi dans la découverte de la réalité augmentée. N’est-ce pas étonnant de pouvoir percevoir au travers de son écran de téléphone un personnage vivant dans une autre dimension ? Une expérience utilisateur unique et gratuite, il n’en fallait pas moins pour attirer le grand public.

Avant juillet, dans l’esprit de -quasi- tout le monde, le terme réalité augmentée raisonnait avec « matériels coûteux », à l’instar des lunettes connectées ou casques spécialisés. Pourtant avec Pikachu, présent au coin de la rue, au bureau, et même sous notre toit, la réalité augmentée a soudainement pris une nouvelle dimension, à portée de tous. Un smartphone et une application bien pensée, et nous voici en train de vivre l’expérience de la réalité augmentée, en vrai !

La ‘réalité augmentée’, un bien drôle de concept tout de même. Comment peut-on augmenter une réalité ? Mais surtout pourquoi avoir besoin de l’augmenter ? Dans quel but ? Edulcorer la réalité ? La romancer ? Ou bien nous plonger dans une réalité analytique ? Surdimensionnée ? La réalité augmentée c’est tout cela à la fois… une multitude de possibilités en devenir. L’exploitation de la RA (de son petit nom) est un véritable enjeu pour les entreprises, startup ou multinationale, BtoC ou BtoB ; elle est même une des composantes dans la stratégie de transition numérique de nombreuses entreprises. Tout le monde souhaite surfer sur le phénomène ‘’Pokémon Go’’ et cette technologie surprenante. En témoignent les lourds investissements réalisés par les acteurs du secteur du web et de l’internet, et notamment le lancement du fameux casque HoloLens de Microsoft mais dont le coût de 3000 euros est totalement prohibitif pour le grand public. Mais aussi, la naissance des diverses applications aujourd’hui disponibles depuis son smartphone, notamment Snapchat et ses World Lenses qui cartonnent sur les réseaux sociaux.

Retour sur une technologie qui est amenée à changer notre champ de vision.

Les usages de la RA ne se limitent pas aux simples jeux, les gamers ne sont plus les seuls à en profiter. La superposition du réel et du virtuel ouvre la porte à de nouvelles possibilités créatives pour les marques et annonceurs. Promotion par l’objet, expérience client inédite, marketing et publicité, événementiel avec des applications dédiées, comme Ikea qui nous invite à projeter notre canapé dans notre salon depuis notre écran de téléphone, ou encore ATOL qui propose d’essayer ses lunettes depuis son site internet… Gain de temps, plus de tranquillité : le duo gagnant. La RA donne même un coup de jeune aux opérations de marketing direct avec la campagne Burton, qui grâce à la solution de courrier augmenté de la Poste, fait découvrir la nouvelle collection d’une façon surprenante. Mais la communication n’est pas le seul secteur où la réalité augmentée est plébiscitée. La réalité augmentée est de plus en plus présente, mais encore faut-il trouver les usages qui sauront être au service de notre quotidien.

A l’école, elle pourra animer les livres et permettre des méthodes d’apprentissage plus intuitives ; dans la santé, au bloc opératoire ou dans la culture, dans le cadre de reconstitutions. Les industriels ne sont pas en reste et les usages sont quasi infinis, comme le démontre la dernière édition du Laval Virtual 2016. Ce sont bien les industriels qui tirent les premiers leur épingle du jeu. A l’image de Testia, filiale d’Airbus, qui l’utilise déjà depuis 5 ans le casque HoloLens dans son usine pour gagner en productivité ; ou ThyssenKrupp Elevator, fabricant d’ascenseurs, qui souhaite réduire les temps d’intervention de ses techniciens en leur permettant d’être en lien direct avec les ingénieurs lors de leurs déplacements pour les pannes. C’est un monde où il n’y a plus de barrière physique ou technologique.

Comme toute technologie, comme toute nouveauté, les bons usages devront être déployés, le marché comme les consommateurs vont tâtonner, hésiter, adhérer. Quand certains perçoivent la RA comme une nouvelle fenêtre ouverte sur le monde, pour d’autres elle est synonyme de repli sur soi. Rappelons-nous, ‘’Pokémon Go’’ avait d’ailleurs été l’objet de critiques dans ce sens. La RA, c’est l’ouverture à une nouvelle manière d’interagir, d’apprendre. Ce n’est que le début, comme le présume le cabinet Digi Capital, qui chiffre le marché de la RA à 120 milliards de dollars en 2020. Le cabinet Juniper Research dans son rapport Augmented Reality 2015 – 2019 prévoit, quant à lui, une augmentation du nombre d’applications passant de 184 millions en 2014 à 1,3 milliard en 2019.

Espérons tout de même que la RA ne soit pas poussée à son paroxysme, comme l’a imaginé Keiichi Matsuda, auteur de Hyperreality. On se pose néanmoins une question à l’agence : à quand les communiqués de presse version RA ?

Sources :
Les Echos / Usine Digitale / Le Monde

Mélanie, Digital Addict