Buzz et intox

Buzz, intox, montage et Photoshop

Aujourd’hui, ce vocabulaire fait partie intégrante de notre système d’information et a pris de plus en plus d’importance avec l’apparition du tout internet et des réseaux sociaux. En effet, dès qu’une actualité apparaît sur notre fil d’actualité, la notion de fake ou en tout cas de la possibilité d’un fake n’est jamais très loin. Les derniers évènements nous l’ont malheureusement quotidiennement rappelés. En effet, chaque jour valait son lot de « prétendue attaque dans Paris », de « j’ai un ami qui travaille à la police, n’allez pas dans le 9e ». Une véritable psychose alimentée par le contexte et la viralité des réseaux sociaux.

 

Mais était-ce mieux avant? Personnellement, j’ai tendance à penser que les choses n’étaient pas mieux avant mais différentes et surtout appliquées à un schéma historico-politico-social bien spécifique. Mais en matière de désinformation, le passé n’est pas en reste. Deux mots nous reviennent ainsi à l’oreille : censure (limitation arbitraire ou doctrinale de la liberté d’expression de chacun) et propagande (ensemble d’actions psychologiques influençant la perception publique des événements, des personnes ou des enjeux, de façon à endoctriner ou embrigader une population et la faire agir et penser d’une manière voulue).

 

En effet, dans une époque sombre où la démocratie et le système républicain n’étaient pas l’apanage des nations européennes, la censure relevait directement de l’Etat que ce soit en temps de paix (appliquée à la presse) ou en temps de guerre (appliquée à la presse mais aussi aux courriers venant du front). Mais même dans une époque post Seconde Guerre Mondiale, la censure a refait son apparition durant certains conflits comme les guerres d’Algérie, du Vietnam ou d’Afghanistan.

Concernant la propagande, il n’est pas besoin de rappeler toutes les actions mises en place par les régimes totalitaires européens lors de la première moitié du XXe siècle. Il est intéressant de noter qu’au même titre qu’il existait des Ministère de la Propagande, il existe aujourd’hui des cellules voire des Ministères dédiés à la désinformation. Le conflit israélo-palestinien est aujourd’hui un véritable « laboratoire » en matière d’information et de désinformation, et cela, de chaque coté de la barrière.

 

Mais si nous calquons les deux époques, il serait intéressant de se demander comment le Ministère de la Guerre français aurait géré les millions de tweets envoyés par les soldats français à Verdun (exemple des messages de soldats envoyés depuis le conflit syrien) ? Comment les Alliés auraient pu ignorer la Shoah grâce aux messages WhatApp envoyés par les déportés (exemple des conversations WhatApp lors de la crise des migrants) ? Comment le régime soviétique aurait pu endiguer les forums de discussions sur Facebook (exemple des forums de discussion lors de la crise ukrainienne) ?

 

A la question, est ce que les réseaux sociaux ont amplifié le phénomène de désinformation, nous pouvons apporter la réponse que non. En effet, les canaux d’information n’ont jamais été aussi importants qu’aujourd’hui et n’importe quelle actualité peut être sourcée et re sourcée par des millions d’internautes.

Mathias Koubi, Historien mention Bien